La formation, suite et fin

Formation, jour 2. 7h, premier réveil à l’hôtel, la tête encore lourde de sommeil, ma première pensée : « où suis-je ? ». Quelque chose me dit que ça risque de m’arriver souvent cette année. Je fouille dans mes ressources pour y trouver une once de motivation, je re-regarde l’heure sur mon smartphone, tiens, un message de ma chef. Reçu à 2h36. Visiblement, elle a gagné la compète de badassitude hier soir. Ma roomate Lapine est hyper motivée, elle ouvre déjà les rideaux, la lumière du périph’ éclaire la chambre, elle allume BFM TV, s’habille, descend prendre un petit-déjeuner complet et équilibré tandis que je reste en tête à tête avec Christophe Delay. Direction la salle de bains de luxe, la baignoire est tellement grande qu’elle pourrait accueillir une partouze. D’ailleurs, j’ai vraiment un doute quand je découvre 8 serviettes de toilette pour une chambre censée accueillir 2 personnes.

vue hôtel quatre étoiles périph

"La lumière du périph’ éclaire la chambre"

8h15, comme prévu, tout le monde est prêt, cheveux mouillés, dans l’entrée. La transhumance recommence, de l’hôtel vers les bureaux cette fois. Une journée « présentation des produits » est au programme. Sur la route, on discute de ce qu’on va bien pouvoir déguster, voire remporter chez soi. Spoiler alert : on pourra faire une croix sur les goodies, ou sur les échantillons de produits. Les plus chanceux sont repartis avec un porte-clé en forme de coeur anti-stress. C’est la crise ma bonne dame. Mais personne ne le sait encore et tout le monde est toujours très excité, c’est aujourd’hui qu’on va vraiment découvrir ce qu’on va vendre toute l’année, ça va être concret.

Concret, tu parles. 8h de matage d’écran. Du film de marque en veux-tu en voilà. On s’est refait l’intégrale des pubs de la boîte depuis 1990. Puis des vidéos youtube rigolotes. Je ne me souviens plus vraiment pourquoi, mais on a regardé cette vidéo WTF où j’ai appris qu’on pouvait marcher sur l’eau et cette autre vidéo rigolote, pour nous montrer ce qu’il ne fallait pas faire pour être un bon vendeur. Puis on a eu droit à des PowerPoint galvanisants, façon brainwashing, ceux avec des animations ET de la musique. Et là ça a été rock’n’roll… Présenter de la margarine sur Time Is Running Out, des tisanes sur Song 2, de la soupe sur Poker Face, de la farine sur Barbra Streisand et de la béchamel sur Hello, il fallait oser. Ils l’ont fait.

Vers 13h30, on nous a libéré pour une heure de déjeuner au restaurant d’entreprise. Restaurant d’entreprise, c’est l’expression communément admise pour désigner la cantine. La différence étant que cantine a une connotation négative quand on a été demi-pensionnaire et qu’on a goûté aux frites sèches des grosses-dames-de-la-cantine. Alors qu’au restaurant d’entreprise,  il y avait au menu la pizza-fajitas, qui est un concept hybride à base de pâte à pizza roulée fourrée à la viande et aux poivrons, accompagnée de… frites sèches. Luxe suprême, nous avions carte blanche. Open budget. No limit. L’ivresse du pouvoir et la folie des grandeurs aidant, la plupart des garçons ont pris 2 entrées, 2 plats, du fromage et 1 dessert. Morfale way of life.  Quand il a connu la guerre la famine le repas frugal de la veille au soir, on ne tient plus un djeunz affamé.

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"la pizza-fajitas, un concept hybride"

14h30, il fait 32°C à l’ombre (c’est-à-dire 15°C de plus que la moyenne de tout l’été), on entend partout la complainte des estomacs trop nourris et nous apprenons qu’une partie de l’après-midi serait consacrée à la dégustation de soupes. Chaudes. Qui calent. On peut lire la joie sur le visage verdâtre de tous ceux qui ont absorbé deux assiettes de fajizza-frites sèches. Étonnamment, le tout se passe sans accroc (et par « accroc », j’entends « vovo »), même au moment de déguster la cresson-saumon ou la chèvre-ratatouille. De grosses gouttes de sueur perlent le long des visages décomposés au moment de la pois cassés-lard, mais c’était la dernière, personne ne sera témoin des galettes éventuellement déposées ensuite à l’hôtel.

Deuxième soirée d’entreprise. Le directeur nous fait l’honneur d’être présent. Enfin, juste le temps de nous prouver ses talents d’orateur et de tester son sens de l’humour (ce qui ne sert à rien, puisque tout le monde se sent toujours obligé de rire aux blagues de son supérieur hiérarchique ; le sens de l’humour intéressé en quelque sorte), ensuite, le monsieur a malheureusement un empêchement. Je crois plutôt que bobonne l’aurait eue mauvaise de voir monsieur rentrer une fois de plus après 21h.

Ce soir c’est le soir où démontrer ses qualités d’alcoolique. Le troisième jour de formation sera court et moyennement utile, de ce qu’on a compris. Ce soir, c’est donc à celui qui grugera un apéritif supplémentaire auprès du serveur-physionomiste qui sait très bien qui a déjà bu ou non son premier verre. Toujours du vin sur les tables, toujours la même course aux fonds de bouteille, qui aura le plus de litrons sur sa table ? Qui les finira le plus vite ? Sous nos verres nous découvrons des petits coupons, bon pour un digestif. Je suis descendue sans sac, sans poche, ma clé de chambre occupe déjà mon soutien-gorge, je décide donc de laisser ce coupon sous mon verre le temps de m’éclipser aux toilettes. Fail. J’hésite entre le soulagement de ne pas avoir à me justifier sur le fait de ne pas boire de Get 27 et l’envie de commencer une partie de Cluedo-des-ivrognes. Je parierais sur Brandon, qui est aussi passé au Franprix s’acheter une teille de rhum à consommer en after, chambre 503, où il faudra montrer patte blanche après 2h.

23h, toujours pas fatiguée, Morticia, Frida, Accent, Sangoku, Brandon et Blondinet n’en finissent plus de parler de leur école trop bien où les étudiants trop in buvaient beaucoup trop en soirée et allaient quand même en cours le lendemain matin. OVERTRASH. Cool story, bro. Il n’y a pas de musique, la salle du dîner est fermée, comme refuges, il ne reste plus que la cour des fumeurs ou le bar 4 étoiles (où certains claquent déjà un quart de leur paye en champagne, trop badass). J’opte pour une solution innovante (think outside the box), je regagne ma chambre pour geeker après avoir salué mon équipe, qui me prend déjà certainement pour une petite joueuse.

think outside the box, cat, internet meme, poop, shit

Dernier jour, formation sécurité. L’an dernier, celà consistait à passer des photos d’accidents de la route et de finir par un message du type « bon, les djeunz, gaffe à vous quand même, la tôle, c’est difficile à défroisser« . Gore pour un vendredi matin, surtout que certains reprennent la route ensuite. Cette année, on nous a évité le diaporama « Elle est morte la maîtresse« . A la place, de grandes leçons de vie à base de « un cutère*, ça coupe », « le mouillé, ça glisse », « on ne peut pas conduire les yeux fermés » suivies de jolies statistiques sur le nombre d’accidents du travail dans la boîte depuis 5 ans. « Tous les ans, y’en a au moins un qui se plante en bagnole » suivi d’un regard transversal sur l’audience, façon « A qui le tour ? ». Ambiance.

sécurité, accident, voiture

« A qui le tour ? ». Ambiance.

cutter, sécurité, travail

« un cutère*, ça coupe »

Et puis midi a sonné et après avoir dit poliment à bientôt, nous sommes retournés en gambadant à nos vies trépidantes au RER. Comme entre temps on nous avait distribué les PC pros, on a eu des devoirs à la maison. 64 mails. Fastoche. Lundi et mardi, on retourne sur le battlefield, mercredi à vendredi ce sera réunion de région. Keep you posted guys !

*cutter. Formation sécurité dispensée, comme vous l’aurez deviné, par une personne âgée du type qui francise les mots empruntés à l’anglais

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6 commentaires pour La formation, suite et fin

  1. Julien dit :

    j’ai bloqué à la baignoire, j’ai pu regarder que les images aprés :/

  2. Mon Dieu, la pizza fajitas me laisse coite. Mais quelle horreur! Bon sinon, je suis déçue qu’il n’y ait pas de girl on girl action avec Lapine dans la fameuse baignoire, mais à part ça tes posts sont excellents. Hâte de te le dire en vrai Nudi 🙂

  3. Ping : J’ai glissé, chef… |

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