Bernards, connards

Depuis septembre, je suis 80 magasins avec en moyenne 3 interlocuteurs par magasin. J’essaie donc de mémoriser 240 prénoms associés à leur magasin et à leur fonction. Il y a Florian du S*m*l* de Compiègne, Yohan du C*r*e*o*r de Bapaume ou encore Alain, ma touche de l’I*t*r*a*c*é de Saleux. Dans le lot, j’ai une Daisy à qui je vends des déshy (le petit surnom des soupes déshydratées chez nous) et Angélina qui a 50 piges, une cheville foutue et qui se fait bientôt opérer d’une hernie discale.

Et puis il y a les Bernard. Bernard, c’est un prénom sympa à la base. Le Bernard je l’imagine un peu grassouillet, les traits bruts mais le visage doux, des sourcils épais mais clairs, des cheveux fins mais abondants, pourquoi pas une petite paire de lunettes avec des verres progressifs. Un air bonhomme, un caractère bienveillant, le bon gros père bourru mais serviable en somme.

Mais voilà, j’ai la poisse avec les Bernard. Les Bernard me posent des lapins. Les Bernard ne commandent pas. Mais surtout, les Bernard sont fourbes, ils me font croire des choses qu’ils ne font jamais. Je passe ma vie à courir après des Bernard odieux, de mauvaise foi et de peu de savoir-vivre. Les Bernard, ça ne les dérange pas que je fasse 2 heures de route dans le brouillard pour arriver dans leur magasin à 6h et trouver porte close. Les Bernard, je leur ai donné mon numéro 12 fois mais c’est toujours moi qui les rappelle pour qu’ils m’annoncent qu’il y a un problème (mais ils n’auraient jamais pensé à me prévenir). Les Bernard, ce ne sont pas des saints.

Si tu t’appelles Bernard et que tu lis mon article, mais va te faire foutre mon pauv’ gars. Tu prends pour les 2 Bernard avec qui je me dois de rester polie mais à qui je meurs d’envie de hurler des insultes quand ils me font tourner bourrique et me mentent effrontément.

Si jamais j’ai un jour un garçon, une chose est sure, je ne l’appellerai pas Bernard (heureusement pour lui en fait).

NDLA : bien entendu, cet article ne concerne en aucun cas Bernard Pivot, Dieu des dictées, gourou de l’orthographe, Bernard tu es mon modèle, mon idole, mon double. Tous les autres, merde à vous. Même Lavilliers. Même Montiel.

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